La forme correcte est toujours j’avais fait, jamais « j’avais fais ». Cette erreur repose sur une confusion entre deux mécanismes de conjugaison distincts : le temps simple et le temps composé. Comprendre la différence entre ces deux structures permet de trancher à coup sûr, que le verbe faire soit au passé composé, au plus-que-parfait ou à n’importe quel autre temps composé.
Temps simple ou temps composé : le test qui tranche entre « fais » et « fait »
Avant de regarder la terminaison du verbe, la première étape consiste à identifier la structure de la phrase. Un temps simple se compose d’un seul mot verbal : « je fais », « tu faisais », « il fera ». Un temps composé associe un auxiliaire conjugué et un participe passé : « j’ai fait », « j’avais fait », « j’aurai fait ».
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La terminaison « -ais » (avec un s) appartient exclusivement aux temps simples. Elle correspond à la première personne du singulier au présent de l’indicatif (« je fais ») ou à l’imparfait (« je faisais »). Dès qu’un auxiliaire apparaît devant le verbe faire, on quitte le temps simple pour entrer dans un temps composé, et le verbe prend alors la forme du participe passé.
Le participe passé du verbe faire est « fait », sans s. Cette forme reste identique quel que soit l’auxiliaire ou le temps de cet auxiliaire. On écrit donc :
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- « J’ai fait » (passé composé, auxiliaire avoir au présent)
- « J’avais fait » (plus-que-parfait, auxiliaire avoir à l’imparfait)
- « J’aurai fait » (futur antérieur, auxiliaire avoir au futur)
- « J’aurais fait » (conditionnel passé, auxiliaire avoir au conditionnel)
Dans chacun de ces cas, le deuxième mot n’est pas un verbe conjugué mais un participe passé. Il ne prend jamais la marque de la personne.

Participe passé « fait » avec l’auxiliaire avoir : pourquoi le s n’apparaît jamais
La confusion vient souvent d’un réflexe : au présent, « je fais » prend un s, donc le cerveau veut reproduire cette terminaison partout. Le problème, c’est que dans « j’avais fait », le mot « fait » n’est plus un verbe conjugué au présent. C’est un participe passé, une forme figée qui ne varie pas selon la personne.
Pour s’en convaincre, il suffit de remplacer « faire » par un verbe du premier groupe. Personne n’écrirait « j’avais mangés » ou « j’ai chantés » sans raison d’accord. Le même principe s’applique : le participe passé avec avoir ne s’accorde pas avec le sujet.
Il existe une exception bien connue : le participe passé employé avec avoir s’accorde avec le complément d’objet direct (COD) lorsque celui-ci est placé avant le verbe. « La tarte que j’avais faite » prend un e parce que « tarte » (féminin) précède le participe. Cette règle d’accord modifie la terminaison en genre et en nombre (fait, faite, faits, faites), mais n’ajoute jamais un s de conjugaison.
Conjugaison du verbe faire : présent, imparfait et passé composé comparés
Mettre côte à côte les formes qui prêtent à confusion aide à fixer la bonne orthographe.
| Pronom | Présent (temps simple) | Passé composé (temps composé) | Plus-que-parfait (temps composé) |
|---|---|---|---|
| Je | fais | ai fait | avais fait |
| Tu | fais | as fait | avais fait |
| Il/Elle | fait | a fait | avait fait |
| Nous | faisons | avons fait | avions fait |
| Vous | faites | avez fait | aviez fait |
| Ils/Elles | font | ont fait | avaient fait |
Au présent, les terminaisons varient selon la personne : fais, fais, fait, faisons, faites, font. Au passé composé et au plus-que-parfait, seul l’auxiliaire change. Le participe passé « fait » reste invariable en personne.
Méthode rapide pour ne plus hésiter entre « fais » et « fait »
Plutôt qu’une astuce mnémotechnique artificielle, une procédure en deux questions suffit pour choisir la bonne forme à chaque fois.
Première question : le verbe faire est-il précédé d’un auxiliaire (avoir ou être) ? Si oui, on est dans un temps composé. Le verbe faire prend alors la forme du participe passé : « fait », sans s. Si non, on est dans un temps simple, et la terminaison dépend de la personne et du temps (fais au présent pour je et tu, fait pour il/elle).
Deuxième question (uniquement pour les temps composés) : un COD est-il placé avant le verbe ? Si oui, le participe s’accorde avec ce COD en genre et en nombre. « Les erreurs que j’avais faites » prend un e et un s parce que « erreurs » est féminin pluriel. Si non, « fait » reste tel quel.
Cette méthode fonctionne aussi avec le verbe avoir lui-même, qui constitue un bon cas d’entraînement : on écrit « j’ai eu », jamais « j’ai avoir ». Le deuxième mot d’un temps composé n’est jamais l’infinitif ni une forme conjuguée, c’est toujours le participe passé.
Appliquer la méthode au subjonctif passé
Le subjonctif passé suit exactement la même logique : auxiliaire conjugué au subjonctif présent + participe passé. On écrit « que j’aie fait », « que tu aies fait », « qu’il ait fait ». Le participe reste « fait » dans tous les cas. La seule difficulté porte sur l’auxiliaire (« aie » et non « ai »), pas sur le participe.
Avec la distinction temps simple/temps composé bien en tête, la question « fais ou fait » ne se pose plus. Le s appartient à la conjugaison du présent. Le participe passé « fait » appartient à tous les temps composés, quel que soit l’auxiliaire, quel que soit le mode. La prochaine fois que le doute surgit, chercher l’auxiliaire dans la phrase donne la réponse en quelques secondes.

